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cols blancs qui ont le mauvais goût de bouger sans arrêt, d'être en réu- nion chez leurs clients ou en d'autres situations qui donnent à toute ten- tative de contact en "face à face" la forme d'un exercice "zen", nous avons inventé, en plus de vaillantes secrétaires, des outils comme le courrier ou la messagerie électronique, les répondeurs téléphoniques. Bref, des moyens techniques qui nous "représentent" en permettant la "désynchronisation" de nos emplois du temps respectifs dans une or- ganisation collective. Assouplir, diversifier, personnaliser, optimiser la distribution du travail des cols blancs est la contrepartie logique de la démassification des organisations de la "troisième vague" d'Alvin Tofler. Après Henri Guillaume, Commissaire au Plan en 1985, qui constatait notre faible capacité à améliorer nos organisations collectives, c'est Jean-Baptiste de Foucauld, Commissaire adjoint au Plan, qui déclare au magazine Dynasteurs d'octobre 1990 : "En Fran- ce le temps choisi n'est pas encore entré dans les moeurs." Jean Paul Camous, délégué général de l'Institut du Commerce et de la Consom- mation, parle lui de "temps contraint". Il écrira, dans l'avant-propos d'un rapport sur le travail le dimanche intitulé "A la recherche du temps choisi" : "Les queues devant les batteries de caisses (des magasins) sont aussi absurdes et onéreuses que les embouteillages des vacances de neige ou les grandes migrations de l'été [...] Un surcoût collectif est ainsi engendré par des structures du passé qui compriment les mouve- ments du "vivre ensemble des individus." En fait pour Jean-Paul Ca- mous, "le paradoxe est que cette recherche de temps choisi soit freinée par l'organisation structurée des moyens collectifs de la maîtrise du temps". Paradoxe valable, on le sait, pour l'organisation du travail. Contradiction de notre société : les citoyens peuvent choisir les hom- mes politiques qui les gouvernent, leurs lieux d'habitation, mais pas la durée de leur travail. Fondamentalement, il y a une mauvaise alloca- tion de la ressource temps et cela a des conséquences sur l'équilibre personnel des individus et donc sur la performance des entreprises. Mais assouplir les régimes de temps de travail impliquera d'abord de tuer quelques "vieilles lunes" et de se rendre compte du danger que re- présente pour l'emploi la mobilité croissante des capitaux face à la fai- ble mobilité et flexibilité des hommes. en cause les horaires rigides que les hommes supportaient mieux lors- que la mère de famille prenait en charge les problèmes et les tâches du foyer. Cela n'est plus vrai car, nous l'avons vu, la femme elle aussi, est au travail (50% dont 96 % salariées). La composition de la famille a bougé. Le statu-quo actuel ne peut pas durer. La complexité de la société est telle que tout un chacun est en butte à la confiscation du |